YVES LE BISSONNAIS

« Tu n’es plus là où tu étais mais tu es partout là où je suis ». 

Yves nous a quittés  le 25 Fevrier 2021.

 

Nous étions nombreux, dans sa famille et dans ses amis, à admirer Yves.

Il était de ces hommes qui vous prouvent, par leur rapport à la vie, combien ils l’aiment et combien ils ne veulent pas en perdre une miette.

De ces hommes qui vous offrent des leçons de vie et vous donnent à votre tour l’envie de l’honorer et de ne surtout pas vous plaindre quand le chemin est un peu difficile. 

 

Il n’est de vie qui se traverse sans risque et ceux de la montagne ne font pas que le savoir, ils le choisissent. 

Ils savent que là-haut ils touchent quelque chose qui est aux limites de la vie. En ces lieux ils savent aussi qu’ils vivent sans doute le meilleur, là où l’homme tutoie le ciel. 

Cette aventure verticale, qui élève, donne au montagnard l’impression de grandir dans toutes ces dimensions.

Il y a chez tout montagnard une forme de spiritualité même laïque dans son choix de s’élever. 

Il est un moment où ce ne sont plus seulement les muscles, les os, le souffle qui montent mais bien l’esprit.

Nombreux sont ceux ici qui partagent avec Yves cet amour de la montagne même si rares sont ceux qui, avec leurs deux jambes, ont fait le dixième de ce qu’il a fait. 

Il faisait partie de ces hommes et de ces femmes qui vivent cette relation à la montagne, au risque même de cet amour.

Il est difficile pour ceux qui restent d’admettre que cet amour a coûté la vie de celui qu’eux aussi aimaient.

Mais n’est-ce pas cela aimer que d’accompagner l’autre, malgré tout, dans ce qui le rend le plus vivant possible, parfois au risque d’en mourir.

Serait-il encore celui que l’on aime s’il cessait d’être celui-là ?

 

« Tu n’es plus là où tu étais mais tu es partout là où je suis ». 

Les mots de Victor Hugo sont tellement vrais.

Voici désormais comment nous allons vivre après le départ de celui qui était un ami, un mari, un père, un fils un frère.

Ressentant sa présence au plus profond de nous-mêmes, malgré son insupportable absence.

Ce lien ne se perd jamais.

Plus que cela, il se nourrit. 

Quand nous vivrons demain, Yves nous demandera de regarder le bleu du ciel comme il le regardait. 

De grimper aux parois des passions de nos vies comme lui-même n’a cessé d’y accrocher ses doigts.

De chercher nos "là-haut", et de nous y engager, pour le meilleur de nous-même.

Ce goût pour la vie, ce choix de la vie, est celui qu’il nous invite à faire à la fin de la sienne, en mémoire de lui.

Eric de Kermel

Le 3 Mars 2021

Au bout de la route, il n'y a pas la route
Mais le terme du pèlerinage.
Au bout de l'ascension, il n'y a pas l'ascension
Mais le sommet.
Au bout de la nuit, il n'y a pas la nuit,
Mais l'aurore.
Au bout de l'hiver, il n'y a pas l'hiver,
Mais le printemps.
Au bout de la mort, il n'y a pas la mort,
Mais la Vie.
Au bout du désespoir, il n'y a pas le désespoir,
Mais l'Espérance.


Joseph Folliet